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Le Conte du Serpent Vert de Goethe

 
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Rafa
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MessagePosté le: Mer 8 Avr - 10:22 (2015)    Sujet du message: Le Conte du Serpent Vert de Goethe Répondre en citant

en lien avec le jeu proposé ici:
http://ducorpsalesprit.xooit.org/t301-un-ptit-jeu.htm#p990


voici un Conte qui depuis mon enfance m'accompagne. Je n'ai pas encore réussi à trouver toutes les clefs pour l'Ouvrir pleinement Wink
Mais ce dont je suis sûre c'est qu'en lui, il est un Trésor qui Dort !



 
 
 
Le Conte du Serpent Vert 

Goethe 
 
 
 
 
Au bord de la grande rivière, qu’une forte pluie avait enflée et fait déborder, le vieux passeur était couché dans sa petite cabane, fatigué des travaux de la journée, et il dormait. Au milieu de la nuit, quelques voix retentissantes l’éveillèrent : des voyageurs demandaient à passer l’eau.
Lorsqu’il fut sorti devant sa porte, il vit se balancer sur sa nacelle amarrée deux grands feux follets, qui lui assurèrent qu’ils étaient fort pressés et qu’ils voudraient être déjà sur l’autre bord. Le vieillard n’hésita point ; il démarra, et, avec son habileté accoutumée, il traversa le fleuve, tandis que les étrangers chuchotaient ensemble dans une langue inconnue et très-rapide, et poussaient, par intervalles, des éclats de rire, en sautant çà et là, tantôt sur les bords et les bancs, tantôt sur le fond de la barque.


« La barque chancelle, cria le vieillard, et, si vous ne restez tranquilles, elle peut chavirer. Asseyez-vous, feux follets ! »


À cette invitation, ils partirent d’un grand éclat de rire, se moquèrent du vieillard et s’agitèrent plus encore qu’auparavant. Il souffrit patiemment leur impertinence et ne tarda pas à toucher l’autre bord.


« Voilà pour voire peine ! crièrent les voyageurs ; et, tandis qu’ils se secouaient, beaucoup de brillantes pièces d’or tombèrent dans l’humide nacelle. 


 Au nom du ciel, que faites-vous ? dit le vieillard ; vous serez pour moi la cause du plus grand malheur. Si une pièce d’or était tombée dans l’eau, le fleuve, qui ne peut souffrir ce métal, se serait soulevé en vagues épouvantables, qui auraient englouti et la barque et moi. Et qui sait ce qui serait arrivé ? Reprenez votre or. 


 Nous ne pouvons rien reprendre de ce que nous avons semé en nous secouant.

 Ainsi vous me donnez encore la peine de les ramasser, de les porter à terre et de les enfouir, » dit le vieillard en se baissant et recueillant les pièces d’or dans son bonnet.



Les feux follets s’étaient élancés hors de la barque, et le vieillard s’écria :


« Et mon salaire ? 
_ Celui qui n’accepte pas l’or peut travailler gratis, répondirent les feux follets.
_ Vous devez savoir qu’on ne peut me payer qu’avec les fruits de la terre.
_ Avec les fruits de la terre ? Nous les dédaignons et n’en avons jamais mangé.
_  Cependant je ne puis vous laisser aller que vous ne m’ayez promis de m’apporter trois choux, trois artichauts et trois gros oignons. »


Les feux follets voulurent s’esquiver en badinant, mais ils se sentirent enchaînés au sol d’une manière incompréhensible. C’était la plus désagréable sensation qu’ils eussent jamais éprouvée. Ils promirent de satisfaire bientôt à la demande du passeur : il les laissa partir et quitta le bord.


Il était déjà bien loin, quand les feux follets lui crièrent :


« Vieillard, vieillard, écoute ! nous avons oublié le plus important. »


Il ne les entendit point. Il s’était laissé emporter plus bas par le courant, sur la même rive, où il voulait cacher cet or dangereux dans une place montueuse, que l’eau ne pût jamais atteindre. Il trouva, entre deux grands rochers, une vaste crevasse : il y versa l’or et repassa la rivière.


Dans cette crevasse se trouvait le beau serpent vert, qui fut tiré de son sommeil par le tintement de l’or qui tombait. Il vit à peine les pièces brillantes qu’il les avala sur-le-champ de grand appétit, cherchant soigneusement toutes celles qui s’étaient dispersées dans les buissons et dans les fentes du rocher.


À peine les eut-il avalées qu’il sentit, avec l’impression la plus agréable, l’or se foudre dans ses entrailles et se répandre dans tout son corps, et, à sa grande joie, il s’aperçut qu’il était devenu lumineux et transparent.
 
On lui avait longtemps assuré que ce phénomène était possible ; toutefois, comme il doutait que cette lumière durât longtemps, la curiosité et le désir de prendre ses précautions pour l’avenir le poussèrent hors du rocher pour découvrir qui pouvait avoir versé ce bel or dans la crevasse. Il ne trouva personne, mais il prit beaucoup de plaisir à s’admirer lui-même, comme il rampait à travers le gazon et les broussailles, et à voir l’agréable lumière qu’il répandait parmi la fraîche verdure. Toutes les feuilles semblaient être d’émeraude, tontes les fleurs magnifiquement illuminées. 


Il traversa inutilement la sauvage solitude ; mais son espoir augmenta, lorsqu’il arriva dans la plaine et qu’il vit de loin une clarté qui était semblable à la sienne. « Je trouve enfin mon pareil ! » s’écria-t-il, et il courut de ce côté. Il ne s’arrêta pas à la difficulté de ramper à travers le marais et les roseaux ; en effet, bien qu’il vécût de préférence dans les sèches prairies des montagnes et les profondes crevasses des rochers ; qu’il aimât à se nourrir de plantes aromatiques, et qu’il apaisât d’ordinaire sa soif avec la douce rosée et les eaux des sources fraîches pour l’amour de cet or chéri, et dans l’espoir de la magnifique lumière, il aurait entrepris tout ce qu’on lui aurait demandé.


...


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MessagePosté le: Mer 8 Avr - 10:22 (2015)    Sujet du message: Publicité

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